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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 16:41

 


La FIFA souhaite mordicus instaurer, à moyen terme, la règle dite du 6+5. Du coup, elle essaye de se montrer persuasive et convaincante. Notamment auprès de Bruxelles.


Le titre de l'article publié ce vendredi  sur le site de la FIFA est un brin arrogant : « 6+5 : le compte est bon ». Le dernier rapport présenté en mars par l'Institut pour les affaires européennes (INEA) est là pour en attester. Ce dernier affirme que le projet du 6+5, est basé « sur l'éligibilité des joueurs en équipe nationale et non sur la nationalité en tant que telle ». Vue sous cet angle, la réforme « blatterienne » serait donc conforme au droit communautaire qui proscrit toute différence de traitement en raison de la nationalité. Au plus, le 6+5 « constituerait une discrimination indirecte ou masquée [...] qui peut être justifiée [...] pour des raisons impératives relatives à l'intérêt général », mentionne l'INEA. Rappelons que la formule du 6+5 contraindrait toute équipe à aligner, dans son onze de départ, au moins six joueurs éligibles dans la sélection nationale du pays du club.


Un 6+5 en 2014-2015 ?

Aujourd'hui, la FIFA compte introduire progressivement le 6+5. Histoire que toutes les équipes aient le temps de se mettre en conformité. « Nous pourrions débuter par un 3+8 en 2012. Nous passerions ensuite à 4+7 en 2012-2013, etc. », indique à France Football, Jérôme Champagne, le directeur des relations internationales de la FIFA. A cette allure, le 6+5 ne serait donc réellement mis en place qu'à partir de la saison 2014-2015. Dans quel but ? Protéger l'identité nationale des clubs mais aussi la compétitivité des équipes nationales qui constituent la véritable poule aux œufs d'or de l'ONU du foot. Sur le site de la FIFA, le même Jérôme Champagne estime que « le 6+5 permettrait de redonner du suspense » et « du piment aux compétitions » et qu'il servirait à promouvoir les jeunes joueurs de chaque pays. Toutefois, il précise que « l'enjeu sous-jacent de cette règle du 6+5 est que les institutions sportives doivent avoir leur autonomie pour gérer les questions sportives ». Autrement dit, le 6+5 constituerait la traduction concrète de la spécificité du sport. Mais, pour l'heure,  la Commission européenne, basée à Bruxelles, considère que le 6+5 est proprement illégal puisque cela s'apparente, selon elle, à une discrimination basée sur la nationalité. L'UE semble apprécier davantage la solution des joueurs formés localement. Celle-là même testée depuis 2007/2008 en Coupe d'Europe par l'UEFA. Au moins 8 joueurs sur les 25 inscrits dans l'une des deux compétitions continentales, doivent avoir été formés localement c'est-à-dire « par le club » ou « par l'association »*. La Premier League anglaise, qui possède un fort contingent d'étrangers, est bien sûr fermement opposée au 6+5 et soutient publiquement la position défendue par la Commission européenne. Toujours est-il que, pour le moment, la FIFA avance doucement mais sûrement ses pions. Elle peut désormais compter sur le soutien des associations nationales, d'instances sportives (CIO, FIFPro, etc.) et vient d'obtenir l'approbation d'un panel de spécialistes du droit communautaire. Dans ce jeu de fourbes, qui aura le dernier mot ? la FIFA ou alors la Commission européenne ? En tout cas, jusqu'au bout, la bataille promet d'être acharnée.

* Pour pouvoir être comptabilisés comme tels, ces joueurs doivent avoir évolué durant une période de trois ans, entre 15 et 21 ans, dans le club ou l'association.

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Published by Ismaël Bouchafra-Hennequin
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