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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 22:40


José Nkunku, la quarantaine radieuse, a trouvé dans la marche, un terrain propice pour s'exprimer.

Vous aimez les belles histoires ? Ça tombe bien ! Celle de José Nkunku en est une, justement. Il naît en 1969 en Angola puis migre un temps avec sa famille au Zaïre, avant de retourner  dans son pays natal. A à peine 19 ans, son destin bascule. Une première fois. Accusé à tort d'une explosion mortelle sur son lieu de travail en compagnie de ses cinq collègues, il est emprisonné. Injustement. Son avenir s'assombrit. Il se voit mourir dans ces geôles angolaises ou périr au front. Sa famille se débrouille pour organiser en catimini son évasion. « Pour passer les mailles du filet, j'ai dû coiffer une perruque et me maquiller », raconte-t-il aujourd'hui. Mais dans la société civile, il se trouve dans une impasse. Hors la loi, il est obligé de se cacher en permanence. De faire attention à ses moindres faits et gestes pour ne pas éveiller les soupçons. Dans ces conditions, il lui est impossible de vivre paisiblement. Dès lors, l'exil lui apparaît comme le recours providentiel. Il quitte l'Afrique pour l'Italie. Simple escale puisque José Nkunku prend ensuite la direction de la Suisse. Muni de faux papiers d'identité, il se voit refuser un permis par les autorités helvètes. Retour en Italie. Deux longues années passent. Et José se résout à tenter une nouvelle fois sa chance. Cette fois, la Suisse se montre bienveillante et lui accorde un statut de réfugié. Nous sommes en 1990.


Médaille de bronze aux championnats de Suisse

Une nouvelle vie peut débuter. En 1994, il décroche un travail sur des fouilles archéologiques. S'installe à Fiez, une petite ville dans le canton de Vaud. Là-bas, il retrouve peu à peu la sérénité qui lui faisait cruellement défaut. Et, initié par des amis, s'essaye, totalement par hasard, à la marche athlétique.  « Pour le plaisir », affirme-t-il, même s'il s'aperçoit rapidement que c'est un sport « contraignant » dans la mesure où tout le corps est mobilisé lors de la phase de propulsion. Mais ses premiers essais se révèlent probants. Il impressionne ses camarades. On croirait qu'il a fait de la marche sportive toute sa vie, José ! Dans la foulée, il s'inscrit au club de marche d'Yverdon. Côtoie du monde, tisse des liens. Récolte deux médailles de bronze aux championnats de Suisse du 10 km sur piste. De son côté, l'administration lui octroie le permis B c'est-à-dire une autorisation de séjour annuel en 2005 et lui accorde même la nationalité suisse en 2008. Actuellement au chômage, José Nkunku ne se plaint pas. Il sait trop bien d'où il vient. Conscient que la liberté d'action dont il jouit aujourd'hui n'a pas de prix...

NB: L'article de première main dont s'inspire largement le texte ci-dessus s'intitule '' Des geôles angolaises aux joies de la compétition''. Il a été écrit par Patrick Wurlod de
24heures.ch. Il est consultable en cliquant ici.

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Published by Ismaël Bouchafra-Hennequin
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