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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 23:15


Le jeune défenseur international togolais de l'OM (17 ans) possède un contrat de travail  ainsi  qu'un titre de séjour en bonne et due forme mais se retrouve dans l'impossibilité de jouer à cause d'un conflit juridique.

 

En 2007, Senah Mango signe une licence à l'OM. Il fréquente alors les moins de 16 ans olympiens et devient, dès sa première année, champion de France. Cependant, au terme  de la saison, la Fédération française de football (FFF) rejette le contrat fédéral signé par le joueur. Et s'aperçoit dans le même temps que la Ligue de Méditerranée a commis une bourde administrative. Il s'avère que cette dernière n'aurait jamais dû délivrer une licence à ce jeune footballeur togolais car ses parents n'habitent pas avec lui dans l'Hexagone. En effet, le transfert des mineurs est réglementé afin d'éviter les dérives, la délocalisation précoce des enfants et le risque d'abandon. Trois dérogations très strictes encadrent ainsi le transfert des joueurs entre 16 et 18 ans. Mais pour la FFF, Senah Mango ne peut remplir une de ces conditions. Dès lors, l'instance sportive refuse systématiquement de lui délivrer une licence. Résultat, depuis six mois, le défenseur ne peut plus être aligné en compétitions officielles que ce soit avec la CFA 2 ou les 18 ans nationaux de l'OM. Rageant.


Les accords de Cotonou dans la balance

Senah Mango et l'OM ont décidé de porter l'affaire sur le terrain judiciaire. But : que l'international togolais puisse rejouer rapidement sous les couleurs phocéennes. Mais les décisions de la Commission juridique (31 mars 2009) et de la Commission d'appel de la LFP (23 juin 2009) leur sont successivement défavorables. A l'heure actuelle, sa licence ne lui sera délivrée que le 13 décembre 2009, soit le jour de ses 18 ans. Aujourd'hui, Me Michel Pautot, avocat de Senah Mango, s'appuie sur les accords de Cotonou passés entre l'UE et les 77 pays ACP pour gagner cette bataille juridique. L'article 13.3 proscrit notamment « toute discrimination en raison de la nationalité » en ce qui concerne les conditions de travail. En principe, le droit européen est supérieur au droit français et par conséquent aux réglementations des institutions sportives. Mais le manque d'harmonisation entre juridiction sportive et civile (française et européenne) nuit à l'affaire. C'est pourquoi Me Michel Pautot, avocat de Senah Mango, et Me Prosper Abega, avocat de l'OM, viennent de saisir le président de la conférence des conciliateurs du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Jean-Pierre Klein, le président de la commission d'appel de la LFP, qui a entériné à contre cœur  la décision, se montre quant à lui optimiste : « J'étais favorable à qualification du joueur, c'est que toutes les conditions pour le respect de M. Mango me semblaient remplies. L'alinéa 2 paraphe b du règlement 19 du statut et du transfert du joueur est respecté (...) Sénah Mango est en France depuis deux ans, a passé son bac et les conditions d'accueil proposées sont de première qualité. Il n'a pas à subir les erreurs administratives. Je suis prêt à rencontrer l'avocat du joueur, car nous étions disposés à inscrire le cas dans le cadre des accords de Cotonou. »  Les avocats respectifs de Senah Mango et de l'OM espèrent pour leur part qu'une issue sera trouvée rapidement. Car ce jeune international togolais ne demande véritablement qu'une seule chose : exercer son métier.

 

 

Repères


Senah Mango


Date de naissance :
13 décembre 1991 à Lomé (Togo)
Nationalité : Togolaise
Taille : 1m78
Club actuel : Olympique de Marseille (France)


Pour en savoir plus:


- Le jeune prodige Senah Mango pris au piège

- Affaire Mango: le comité olympique français saisi


- Portrait de Senah Mango (Vidéo) (2'36)

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Published by Ismaël Bouchafra-Hennequin
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