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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 15:43

 

Le 18 février dernier, Shahar Peer s'est inclinée en deux sets (6-2, 6-4) contre la Danoise et future n°1 mondiale Caroline Wozniacki, en quart de finale du tournoi de Dubaï, sur le court 2.  

 

Comme l’an dernier, la joueuse de tennis israélienne, 12e joueuse mondiale (23 ans), a été contrainte de disputer tous ses matches à Dubaï sur un court annexe grillagé, devant une poignée de spectateurs.

 

« J’ai bien été reçue ici mais mon rêve est de revenir et de jouer sur le central. » En deux participations au tournoi de Dubaï (2010 et 2011), Shahar Peer n’a encore jamais eu cet honneur.

 

Officiellement, c’est pour des raisons de sécurité* que la joueuse de tennis israélienne est reléguée le plus souvent sur le court n°1, à savoir celui le plus éloigné de l’entrée de l’Aviation Club Tennis Centre et accessoirement le plus isolé.

 

Officieusement, le motif serait tout autre. Après avoir privé Shahar Peer de visa - et donc de tournoi - en 2009**, les Emirats arabes unis ont, sous la pression de la Fédération internationale de tennis et de la WTA, finalement accepté de l’accueillir.

 

Mais pas question pour eux de la faire jouer sur le court central. Ce serait accorder trop d’importance à une ressortissante d’un pays, qui à leurs yeux, n’existe pas.

 

« Pour Israël - qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis - le fait qu’une de ses joueuses participe à ce tournoi est une victoire politique qui résonne bien au-delà des lignes d’un court de tennis », écrit sur son blog le journaliste sportif américain Stephen Tignor.

 

Interrogée par l’Associated Press, Shahar Peer a déclaré : « Je ne suis ni président ni qui que ce soit. Je ne peux pas faire de grands changements. Mais si ma participation aux tournois de Dubaï et du Qatar peut servir à quelque chose, tant mieux. Lorsque des gens me disent : ‘‘ Nous avons vraiment apprécié votre jeu’’, ils mettent la politique de côté. Ceci est très important. Nous sommes avant tout des êtres humains et nous devons nous respecter mutuellement ».

 

* A Dubaï, Shahar Peer a bénéficié d’une protection rapprochée. Des agents de la police criminelle (CID) étaient chargés d’assurer sa sécurité. Autres précautions : l’Israélienne a séjourné dans un hôtel séparé des autres joueuses et ses rencontres n’ont jamais été inscrites sur le programme des matches du jour.

 

** La WTA avait ensuite infligé une amende de 300 000 dollars aux organisateurs du tournoi de Dubaï. En refusant de délivrer un visa à Shahar Peer, le gouvernement du petit émirat aurait voulu se montrer solidaire avec le peuple palestinien suite à l’offensive militaire israélienne à Gaza.  

 

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Published by Ismaël Bouchafra-Hennequin
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