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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 16:25

 

 

« Un truc de fou, de dingue, de psychopathe », comme dirait le 113. C’est ce qu’ont vécu les danseurs, musiciens et spectateurs présents lors de la 1ère édition du battle ArtisSick samedi à Fameck. Récit d’une soirée inoubliable.

 

« Un challenge à la fois excitant et… flippant ! ». Voilà ce que représente pour b-boy K-mel (Project X, Luxembourg) le battle ArtisSick. 12 danseurs, 12 musiciens, un parquet. Et un nouveau défi qui les place dans l’inconnu le plus total.

 

Soucieux d’apporter un vent de fraîcheur aux compétitions de danse hip-hop, les organisateurs de l’évènement, Mehdi Mimèche et M’hamed Fahhama, via leur association M.A.M (« Make you happy, makes me happy »), ont imaginé un concept novateur à but humanitaire*.

 

Ce soir, à Fameck, DJ FonkMaz a été mis au chômage technique. Enfin presque. Mais, ne vous faites pas de souci pour la zik. Une pléiade de musiciens a été appelée en renfort. En effet, chaque danseur évoluera en improvisation totale sur le son d’un instrument. Savoir écouter sera, à n'en pas douter, l’une des clés du succès.

 

Accrocher le son

 

« Ce sera du pur freestyle, prévient Sadat Sekkoum, activiste de la première heure de la danse urbaine en Lorraine. On va voir lesquels sont de vrais danseurs. Car aujourd’hui, ils ne pourront pas calculer, solliciter leur bibliothèque musicale. Ils devront accrocher le son. Et dans ce genre de situation, soit tu réussis à t’adapter, soit tu te croûtes ».

 

18h13, dans un couloir exigu, Mehdi et M’Hamed briefent une dernière fois les participants :
« N’oubliez pas, c’est un moment de pure création. Y’a pas de style imposé. Alors sur la piste, faites ce que vous voulez ! On vous demande juste d’être original, de maîtriser ce que vous faites et d’être surtout en cohésion avec le musicien ».

 

Pour ce dernier, l’exercice peut aussi se révéler périlleux. « Mon instrument, c’est en quelque sorte un dictionnaire avec plusieurs mots. Et, en regardant le danseur, je vais essayer de faire une phrase », confie le saxophoniste Pierre Cocq-Amann.

 

Mauricio, vainqueur à l’applaudimètre !

 

Un son lourd de Cam’Ron & Vado (« Speaking in Tungs »)  pour chauffer le public, une démo des jeunes de l’atelier de danse hip-hop de la Cité sociale, et c’est parti pour le premier tour !

 

6 confrontations à distance entre binômes (danseur - musicien). Chaque duo dispose d’1 minute 30 à 2 minutes pour tout donner. A savoir, entrer en connexion, proposer un passage inspiré et spontané mais aussi convaincre individuellement les juges.

 

 

19h42. Sur le rythme de la batterie, Malcom aka Néo (Serial Stepperz, Paris), vainqueur du Juste Debout 2010 en house, lance les festivités.

 

Les autres concurrents poursuivent le show sur de la guitare électrique, du piano, du trombone, du djembé, du beatbox ou bien encore du DJing.

 

Et à l’applaudimètre, c’est sans conteste Mauricio, le trompettiste du Big Band - l’orchestre de jazz du lycée de Schlüchtern (Allemagne), ville avec laquelle Meck-Fa est jumelée -, qui l’emporte haut la main. Assise dans la tribune de la salle Victor-Hugo, la soixantaine de ses compatriotes germaniques, - « qui s’étaient pourtant couchés à 6h du mat’ » dixit le maire de Fameck Michel Liebgott -, nous donne une bonne leçon en matière d’encouragements.

 

Le « Oui ! » d’anthologie de Jimmy Yudat

 

21h40. Un échange inattendu de sourires, une démo du Rataclan Crew et un tirage au sort plus tard, on passe aux demi-finales.

 

En dépit d’une prestation subtile et sucrée sur les notes du violoniste en herbe qu’est Liam (12 ans, Ecole de musique de Metz-Sablon), Candy Man (Badness Crew, Paris) doit s’incliner face à la folie expérimentale d’Ismael Luca aka Litchi (Easteam, Fameck).

 

La suite… c’est un battle de déglingos entre Hakim Hachouche (Les Virtuoses de l’Instant, Paris) et Jimmy (Yudat, Paris). Alors que le lockeur tatoué d’Epinay-sous-Sénart avait mis la barre très haut sur le son de la batterie, le danseur new school prouve qu’il n’est pas une trompette. Il réalise à son tour une prestation de haut vol ponctuée par un « Oui ! » d’anthologie. Fou rire général ! Quelques secondes plus tard, il récidive. Ce second « Oui ! » provoque l’hystérie d’une partie du public et débouche même sur l’envahissement de la piste.

 

On tente tant bien que mal de reprendre nos esprits. Mais sur le beat de Rewind, c’est not easy. Très vite, notre cœur se met à battre au rythme des contractions musculaires de Sagy (Magic N’Smooth, Lille). Puis, il s’emballe littéralement sur les pas tout en percussion de Malcom, le troisième danseur à parvenir à se qualifier pour la finale.

 

M.A.M Younes, M'Hamed, Mehdi et Lyes

 

Avant le feu d’artifice, on assiste à de nouvelles démos. Celles des juges et celle des quatre house danceurs de l’association M.A.M. Et croyez-nous, quand Lyes mime le poisson, c’est un grand moment !

 

Hakim Hachouche, l’alchimiste

 

Hakim Hachouche Battle Artisstick Fameck 18 mai 2013 Na© Nastasia Souidi fotography

 

23h. En avant toute… pour l’Armageddon ! C’est-à-dire la finale à 3. On la suit attentivement aux côtés de Sagy qui grignote des M&M’S. « Au contraire de Malcom qui s’installe peu à peu dans une routine, Litchi continue à créer, à faire évoluer sa danse », estime-t-il.

 

Mais avec son polo rouge, son jeans et ses Converse, Hakim Hachouche est un ton au-dessus des autres. « Ce qui est fort, c’est qu’à travers sa danse, il parvient à faire ressortir sa personnalité, son caractère », assure Sagy. En clair, le son lui donne une direction. Son corps le capte, se l’approprie. Et instinctivement, son vocabulaire chorégraphique se charge de le retranscrire ‘‘en matière’’. En mouvements, en énergies, en émotions. Le public, conquis, l’applaudit. Entre Hakim, ses sensations et son environnement, se crée une douce alchimie.

 

« 3 et demi, 2 et demi, 1 et demi… ». Casquette rouge et bleue du PSG vissée sur la tête, Hakim (34 ans) est logiquement déclaré vainqueur à l’unanimité des juges.

 

23h30. Le chèque de 1000 euros et la coupe en main, il est félicité par la foule. Son pote Poppin Marabout alias ‘‘Flexible legs’’, avec ses célèbres mocassins aux pieds, le marque à la culotte : « Tu vois là, on est en mode deuspi**. On rentre direct sur Paname. Après, pour ce qui est de ce soir, faut avouer qu’Hakim a été loin dans son délire. Il a repoussé ses limites, ouvert des portes, explorer de nouveaux univers… ».

 

Ismaël Bouchafra-Hennequin

 

* Toutes les denrées alimentaires et l’argent récoltés lors du battle ArtisSick seront redistribués aux Restos du cœur.

** Deuspi = verlan de speed (« vitesse », en anglais) = être pressé, à la bourre.

 

   M'hamed fait le bilan, calmement

 

 

 

Battle Artissick, 1ère édition, les résultats

 

Battle Artisstick Fameck 18 mai


Vainqueurs

Danseur : Hakim Hachouche (Les Virtuoses de l’Instant, Paris). Musicien : Alban Lo (guitare électrique, MTB Crew, Nancy).

 

Finale à 3 :
-
Malcom aka Néo (Serial Stepperz, Paris) et Fayçal Ounissar (djembé, Fameck) vs Ismael Luca aka Litchi (Easteam, Fameck) et Alban Lo (guitare électrique, MTB Crew, Nancy) vs  Hakim Hachouche (Les Virtuoses de l’Instant, Paris) et Maxime (batterie, MTB Crew, Nancy)

 

Demi-finales
- Ismael Luca aka Litchi
(Easteam, Fameck) et Alban Lo (guitare électrique, MTB Crew, Nancy) vs Candy Man (Badness Crew, Paris) et Liam Lefevre (violon, Ecole de musique de Metz-Sablon)
- Hakim Hachouche (Les Virtuoses de l’Instant, Paris) et Maxime (batterie, MTB Crew, Nancy) vs Jimmy (Yudat, Paris) et Mauricio (trompette, Big Band, Schlüchtern, Allemagne)
- Sagy (Magic N’Smooth, Lille) et Willy Amarat aka Rewind (beatbox, Saint-Etienne) vs Malcom aka Néo (Serial Stepperz, Paris) et Fayçal Ounissar (djembé, Fameck)     

 

Quarts de finale

- Malcom aka Néo (Serial Stepperz, Paris) et Christian (batterie, Big Band, Schlüchtern, Allemagne) vs K-mel (Project X, Luxembourg) et Maxime (batterie, MTB Crew, Nancy)
- Morgan Lock et Adrien (guitare électrique, Metz) vs Hakim Hachouche (Les Virtuoses de l’Instant, Paris) et Alban Lo (guitare électrique, MTB Crew, Nancy)
- Candy Man (Badness Crew, Paris) et DJ FonkMaz vs Baghdad (Footzbeul, Reims) et Willy Amarat aka Rewind (beatbox, Saint-Etienne)
- Sagy (Magic N’Smooth, Lille) et Liam Lefevre (violon, Ecole de musique de Metz-Sablon) vs Poppin Marabout (Creil) et Pierre Cocq-Amann (saxophoniste, Saxitude, Metz)

- Jonas Superheros Kamara aka Jonjo (Street Harmony, Nancy) et Stéphanie Julien (piano, Boulay) vs Jimmy (Yudat, Paris) et Mauricio (trompette, Big Band, Schlüchtern, Allemagne)
- Ismael Luca aka Litchi (Easteam, Fameck) et Grégoire (trombone, Big Band, Schlüchtern, Allemagne) vs Ismael Footzbeul (Reims) et Fayçal Ounissar (djembé, Fameck)

 


Gros big up aux juges (danseurs) : Peckos (break), Pepito Fractal (popping) et Naïm Rimnaw (house). Et aux juges musiciens : Kadi (guitariste et chanteur), Mohamed (percussioniste) et Franz-Josef Schwade (trompette, chef d’orchestre de l’Ulrich von Hutten Big Band du lycée de Schlüchtern, Allemagne).

 

Crédits vidéos : Ismael Taggae (FTZ) et Malcom aka Néo (Serial Stepperz).

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Published by Ismaël Bouchafra-Hennequin
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