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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 15:40

 

Dance to the beat Sébastien Guérin Photographies 29 Luffy

Luffy (Forzesound, Paris) © Sébastien Guérin Photographies/ De l'oeil à l'image

 

De l’ambiance, du kiff, de la solidarité… tels étaient les ingrédients de la 4e édition du battle « Dance to the beat » qui s’est déroulé le 15 décembre dernier à la MJC Prévert de Lunéville.   


Lunéville, dimanche, 14h. On est tranquillement en train de discuter avec Looping et Nordine (Project X, Luxembourg) à une table haute du hall d’entrée de la MJC Prévert. Lorsque b-boy Nouré, avec son magnifique bonnet à pompon des Los Angeles Kings, se dirige vers nous. Il a le visage d’un enfant qui vient de faire une grosse bêtise. « Bon, les mecs… je crois bien qu’il ne va pas y avoir de battle cet aprem » - « Pourquoi ça ? », demande ‘‘Loops’’, inquiet. - « Ben en fait… j’ai niqué le lino ! » - « Quoi ? » - « Ouais, je m’échauffais et sur l’un de mes pas, le revêtement s’est déchiré. Heureusement, personne n’a rien vu. Un crew s’est ensuite mis à danser à cet endroit. Du coup, j’en ai profité pour me barrer en douce. » Waaaaah, sale histoire ! Mais très vite, l’orga est informée des dégâts. Bilan ? Deux bouts d’épais scotch noir placés en V pour rafistoler le sol… et une grosse frayeur !

 

15h18. Lunettes de soleil à la Matrix sur le nez, M’hamed et Mehdi (M.A.M), les deux speakers de l’évènement, débarquent sur la piste. Dans leur sillage, Hamza Boumaza (Flagrant d’Élite, Nancy), l’organisateur du battle « Dance to the beat ». Au moment de prendre le micro, sa voix ne tremble pas mais ses yeux brillent. Car pour la première fois, ses parents ont fait le déplacement. Et pour ‘‘Zoum’’, ça veut dire beaucoup !

 

Combinaison obligatoire

 

Dance to the beat 2013 Thierry Rambaux 5 Street Harmony Street Harmony (Nancy)  © Thierry Rambaux/ De l'oeil à l'image

 

15h30. Dans la nouvelle cabine de son de la salle polygone, DJ FonkMaz fait rugir les platines. Let’s go pour les présélections ! 14 crews sont engagés en break et 6 en new style (4 vs 4). Des qualifs où il est surtout question de combinaison. Après deux passages solos par team, chacune d’elles a en effet l’obligation de présenter un troisième passage en combi avec la participation des quatre danseurs. A l’image de Jonjo, Jerry, Toy et Adélie (Street Harmony, Nancy), la plupart des groupes respectent cette contrainte, s’exécutent sans broncher.

 

Quelques petits malins essaient toutefois de feinter, de jouer avec les règles. Soit leur combi est courte, bâclée, vite expédiée. Soit elle est inexistante. Mais sans combo digne de ce nom, c’est mort. C’est l’élimination assurée. D’autres crews tentent aussi de prolonger le plaisir en ‘‘grattant’’ un passage. N’est-ce pas Zagla (Rataclan Crew, Metz) ?

 

À nos côtés, Théo (14 ans), pointe du doigt un danseur : « Regarde, lui, c’est Boubou (Forzesound Crew, Paris) ! Il est super connu ! » Il a bougrement raison Théo. Quand ce mec aux trois dreadlocks décolorées se met à bouger, c’est vraiment chanmé !

 

Alerte à Malibu, K 2000, Dragon Ball Z...

 

Dance to the beat Sébastien Guérin Photographies 5

Yassin en mode « Jeanne et Serge » © Sébastien Guérin Photographies/ De l'oeil à l'image

 

16h. Après que Mehdi ait démis l’épaule du pauvre Axel (12 ans) pour raviver l’ambiance, on passe à la MusiKlité (1 vs 1). Un art dans lequel Pepito Fractal et Jimmy Yudat, deux des juges, sont passés maîtres. Quand on les interroge à ce sujet, leurs yeux d’enfants s’illuminent. Puis leurs regards se croisent. Et instinctivement, ils se frottent chacun les doigts. Pas pour vous demander du fric ! C’est juste que ce geste illustre parfaitement la musicalité. En clair, il s’agit d’un feeling, d’un ressenti.  

 

« J’attends pas forcément que le danseur soit toujours ‘‘dans le son’’, explique Pepito. Pour moi, la musicalité, c’est quelque chose de plus subtil. Il faut qu’il y ait une certaine ‘‘difficulté logique’’. Le danseur doit saisir les accents, utiliser la profondeur du son et agrémenter le tout d’une dose de fantaisie. » « Y’a le corps et ce qu’on en fait, poursuit Jimmy. Le corps c’est un instrument, pas uniquement une boîte à rythmes. »

 

Un instrument qui garde en mémoire tout un tas de souvenirs d’enfance. Des odeurs, des senteurs, des images… et des sons. Alerte à Malibu, K 2000, Dragon Ball Z, Les Minikeums… Ces chansons ont bercé toute une génération. Sur Bioman, Willem (Forzesound Crew) se sent pousser des ailes. Tel un super-héros, il réalise une sorte de vol à ras du sol, poing en avant.

 

Adèle, coup de coeur du jury

 

Dance to the beat 2013 Thierry Rambaux 23 AdèleAdèle Voirin, la mascotte de la journée  © Thierry Rambaux/ De l'oeil à l'image
   

16h33. Après une démo des jeunes de la MJC Prévert emmenés par Hafid Ben Kacem, le jury dévoile le nom des ½ finalistes. Une délicieuse pause galettes plus tard, on passe aux choses sérieuses. Bonnet vert sur le crâne, Icee (Forzesound Crew, vainqueur du Juste Debout 2013, catégorie hip-hop) envoie du très très lourd ! Après 20 ans de pratique, le p’tit gars d’Aubervilliers a acquis une sale maturité. Respect ! B-boy Thug (Toxic Illusion, Mulhouse-Strasbourg), lui, est du genre pressé. Contre Project X, il enchaîne les tricks aériens et spectaculaires à un rythme effréné. « Pfff... Thug a tout arraché », nous glissera Salim (Pockemon Crew/Arabiq Flavour ), l’un des juges. Chris Brown, un petit conseil : prends-en de la graine !

 

18h06. Pepito réclame Adèle. Il a découvert cette fillette de 12 ans la veille lors des workshops. Elle lui a tout de suite tapé dans l’œil. Il l’a revu en musiklité sur le générique d’Arnold et Willy. Mais pour le plaisir, il souhaite la revoir sur le dancefloor. Baskets montantes aux pieds, Adèle kiffe la vibe, bluffe tout le monde. Le public l’accompagne en tapant dans les mains. Assurément, cette petite originaire de Gerbéviller restera le coup de cœur de cette édition !

 

Beat killers !

 

Dance to the beat Sébastien Guérin Photographies 31 Tony

Tony (WBB, Troyes) © Sébastien Guérin Photographies/ De l'oeil à l'image


18h46. Avant les finales, Jimmy Yudat, look à la Cousteau, fait une démo qui compte triple vu que Pepito et Salim sont sur le carreau. Et quand le père Zelou se met en action, ‘‘oh la la, ça pique !’’

 

Une pluie de cartouches ! Voilà à quoi se résume la finale de new style entre les Allemands de Deetroit Rockstarz et les Parisiens de Forzesound Crew. Techniquement, c’est archi chaud. Ça se rend coup pour coup. Casquette des Raiders et piercing à la lèvre, Smudee, le leader de Deerockz met sa vie sur la piste. Et il n'est pas le seul !

 

En finale de break, WBB (Troyes) se présente avec une équipe affaiblie. Ils ne sont plus que trois. Nass, qui s’est blessé en demi à la jambe droite, n’est en effet pas en mesure de danser. La mort dans l’âme, il endosse le costume de supporter. Toxic Illusion part favori. Mais sous l’impulsion de Tony, WBB est bien décidé à vendre chèrement sa peau. Et pourquoi pas, créer l’exploit !

 

À croire que la musiKlité est une affaire de spécialistes ! En finale, on retrouve deux anciens vainqueurs. K-mel (Project X), le tenant du titre, affronte Willem (Forzesound Crew), sacré il y a deux ans. Deux styles a priori opposés. L’un est b-boy, l’autre new styleur. Mais bon, une fois lâchés sur « Il était une fois la vie » ou « Naruto », ça ne veut plus dire grand-chose. K-mel a beau avoir réalisé une prestation originale mêlant top rock, break et fun attitude, il n’est sûr de rien. Il mort nerveusement sa chaîne. Comme tout le monde, il attend désormais les résultats.

 

19h37. Les juges (Pepito, Salim et Jimmy) font comme s’ils avaient un bazooka entre les mains. « 1, 2, 3… braaaaa ! » Forzesound, Illusion/ Toxic Crew et K-mel sont les beat killers du jour !

 

Ismaël Bouchafra-Hennequin

 

Dance to the beat 2013, les résultats


Dance to the beat 2013 Hamza Zoum

Les grands vainqueurs de cette 3e édition

- New style, 4 vs 4, 600€ : Forzesound Crew (Icee, Boubou, Luffy et Willem), Paris bat Deetroit Rockstarz (Beckz, Deko, Smudee et Mirakle), Aix-la-Chapelle (Allemagne).
- Breakdance, 4 vs 4, 600€ : Toxic Illusion (Thug, Kirikou, Cevat, Chicha), Alliance Toxic Crew+Illusion Crew, Mulhouse-Strasbourg, bat WBB (Mounir, Tony, Mathieu et Nass), Troyes.
- MusiKlité, 1 vs 1, 100€ : K-mel (Project X, Luxembourg) bat Willem (Forzesound Crew, Paris/ Silent School, Reims).

 

Big up aux juges !
Break :
Salim (Pockemon Crew/Arabiq Flavour, Metz-Lyon).
New style :
Jimmy ''Yudat'' Zelou (Paris).
MusiKlité :
Pepito Fractal (Lille).

 

En marge de l’évènement, une collecte de fournitures scolaires (cahiers, classeurs, stylos, feuilles…) destinée aux enfants du Maroc, a été organisée en partenariat avec l’association Khamsa. « Penser aux autres, c’est se respecter soi-même », a joliment écrit Hamza.

 

Pour en savoir plus :
- Le trailer du battle
 « Dance to the beat 2013 »
- L'album photo du battle
« Dance to the beat 2013 »
- Dance to the beat (Facebook, page officielle + vidéos)
- Dance to the beat 2013 (page Facebook)
- Dédicaces au MTB Crew de Lisko (Page Facebook) (Rien ne m'arrêtera, live acoustique) et à Bustyal Haarp (site) (Évasion) 

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 17:02

 

Afro House Babson Wanted Serial Stepperz 2

 

Au départ, on était simplement venu pour le fun. Mais jeudi, on s’est finalement pris au jeu. Du coup, on a esquissé nos premiers steps en Afro House. Retour sur cette grande première.

 

Jeudi 5 décembre 2013, 18h30, Trèves Dance Center, Metz. Direction la salle 1 pour un petit évènement : le premier cours d’Afro House de la région Lorraine.

 

Béret bleu foncé sur le crâne, le prof d’Afro House Mehdi Mimèche aka Dimey (M.A.M) franchit le seuil de la porte. Sac en bandoulière, on est quatre à le suivre. Trois filles et moi.

 

Waouh, y’a pas foule ! Mais, à y regarder de plus près, rien d’alarmant. Y faut toujours un peu de temps pour que l’info circule, pour que le cours se mette en place et qu’il trouve son public.  

 

A la base, on a prévu de s’asseoir gentiment sur le côté et regarder le cours. Mais Dimey pète un son house dont il a secret. Un son qui nous parle. Un son au rythme entraînant qui nous permet de vaincre notre timidité. On lâche direct stylo, cahier. On se lève. Impossible de résister à l’appel de la vibe’sssss !

 

L’Afro House, entre fondations et traditions

 

 

Après un échauffement cardio et un petit chlouc d’eau, on est dans les « starts » pour apprendre les bases de l’Afro House, un nouveau concept développé en France par Babson (Wanted Posse/ Serial Stepperz, Paris)*. Un savant mélange entre fondations et traditions qui tient en une équation : Afro+house dance = Afro House dance.

 

« L’Afro House est un mélange, un lien, un fusion entre les danses ancestrales traditionnelles africaines (sabar, pantsula…) et les fondamentaux techniques de la house dance. Mais contrairement à cette dernière - qui est davantage une danse aérienne -, les steps sont ici plus ancrés, enracinés dans le sol. C'est ce qui rend l’Afro House plus accessible », explique Mehdi.

 

Une image nous vient alors à l’esprit. Celle d’un arbre. Avec nos pieds, nos jambes, il y a cette connexion avec la Terre qui s’établit. Là où sont enfouis nos racines, nos origines, nos ancêtres. Là, où l’on puise notre force, notre énergie, notre inspiration.

 

Feeling, musicalité, partage

 


« Et 5, 6, 7, 8 ! ». Au fur  et à mesure, la choré s’enrichit. On ajoute à chaque fois des pas, des éléments. On est concentré. On a envie de bien faire. Avec Déborah, notre voisine de droite, on a la fâcheuse tendance de s’éloigner du miroir. Mais à quatre, on peut pas franchement se planquer.

 

Lilia (5 ans), la petite fille métisse de Salim et Abi - respectivement parrain et directrice du Trèves Dance Center -, nous scrute du regard. Intriguée, elle multiplie les allers-retours dans la salle. On a intérêt d’assurer. Faire les bons mouvements, être dans le bon tempo et veiller à bien onduler, déhancher notre bassin comme Beyoncé ou Shakira.

 

« Un bon danseur, c’est quelqu’un de relâché », nous fait ensuite remarquer Mehdi. Qu’est-ce qu’y a ? On est tendu, crispé, raide comme un piquet ? OK, on va essayer d’être plus dans le feeling, plus dans le ressenti de la musique. Plus dans l’amusement, le plaisir. Plus dans l’échange, le partage, le délire. Sans oublier de mettre ce côté tribal, primitif, sauvage qui caractérise l’Afro House.

 

Un roulement des épaules, un petit saut et quelques mouvements de bras à la Sean Paul façon Moussier Tombola plus tard, on parvient tant bien que mal à boucler la choré. On est à la fois heureux, soulagé et… frustré. Car il est déjà 19h30, l’heure de remballer les gaules.

 

Quentin, le prof de zumba, tout de yellow vêtu, s’apprête à prendre le relais. « Alors, t’as trouvé comment ce premier cours d’Afro House ? », demande-t-on à Déborah. - « Waaahhh, j’ai kiffé, c’était cool ! », répond cette petite blonde à lunettes, ravie. - « Vous, ça se sent, vous avez de l’Afro en vous ! », lance Mehdi à l'une des participantes. Jeudi prochain, il y a fort à parier que ce petit bout de femme replongera dans cet univers enivrant fait de pulsations répétitives, d’Afro House beats. Pour vibrer, s’éclater et polir le diamant noir qui se cache… au fond de son cœur !

 

Ismaël Bouchafra-Hennequin

 

 

 

* D’origine sénégalo-malienne, Ousmane Sy - dit Babson ou Baba -  (Wanted Posse/ Serial Stepperz, Paris) est, depuis 2003, l' un des précurseurs du mouvement Afro House Dance. Considéré comme l’un des pionniers de la house dance en France, cet ancien footballeur a remporté de nombreux battles internationaux (Europe, USA, Japon, Canada…). Notamment le Juste Debout à quatre reprises (2003,2004,2006 et 2012). Homme à multiples casquettes, il est à la fois danseur, interprète, chorégraphe, professeur, speaker, juge, organisateur d’évènements (Cercle Underground, Boot Dance Camp) et... directeur artistique du théâtre d’Evry. Rien que ça !

 

NB : Une pensée particulière pour l’Afrique Sud, la nation arc-en-ciel - le berceau de l’Afro House - qui, ce jour-là, a perdu l’une de ses plus belles couleurs : Nelson Mandela aka Madiba.

 

Pour en savoir plus :
- Les cours d'Afro House ont lieu tous les jeudis de 18h30 à 19h30 au Trèves Dance Center, situé à Metz (site internet) (page Facebook)

- Une petite compil' qui passe crème (Afro House Enjoy Dj Kizaca 2013)

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 22:42

 

 

Lundi dernier, c’était Noël avant l’heure pour Isabella Tobias ! Alors que la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite avait, dans un premier temps, rejeté sa demande, cette dernière a finalement consenti, « compte tenu des mérites exceptionnels de la patineuse américaine », à lui accorder la nationalité du pays balte. Un passeport synonyme de laisser-passer. En effet, ce précieux sésame va lui permettre de participer, avec son partenaire Deividas Stagniunas, à la compétition de danse sur glace aux Jeux olympiques d’hiver de Sotchi (7-23 février 2014).

 

A l’aube, lorsqu’elle a appris la bonne nouvelle, Isabella Tobias n’a pu retenir ses larmes. Puis elle s’est empressée de l’annoncer à Deividas Stagniunas, son partenaire sur la glace. « Je l’ai appelé et j’ai crié dans le téléphone ». Un bruit assourdissant. A la hauteur de son soulagement.

 

Depuis 2003, Isabella Tobias est simplement la troisième personne à s’être vue accorder cette faveur en Lituanie (l’octroi de la nationalité du pays pour mérites exceptionnels).

 

Pour en savoir plus :
- Lituanie : Une lueur d'espoir pour Isabella et Deividas ? (article)

- La patineuse américaine Isabella Tobias obtient la citoyenneté lituanienne (article)

- At last : Isabella Tobias granted Lithuanian citizenship (article)
- President grants Lithuanian citizenship to ice skater Isabella Tobias (article)

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 14:33

 

 

Le 22 novembre dernier, à la Kulturfabrik d’Esch-sur-Alzette, nous avons assisté à la toute première représentation de Terre de Fer, spectacle chorégraphique de la compagnie yussoise Mixité. Verdict ? Un beau travail de mémoire qui mérite d’être salué.

 

Vendredi, c’était le jour J : l’acte de naissance de Terre de Fer, la dernière création chorégraphique de la compagnie Mixité.

 

Et une première, c’est toujours un moment particulier, riche en émotions. Car, après des mois de répétitions*, on touche enfin au but. On présente le bébé. Ce soir, il y a donc comme un mélange d’excitation et de pression.

 

Avec sa barbe touffue, Sadat Sekkoum, grand activiste de la danse hip-hop en Lorraine, le sent, le sait. Du coup, quelques minutes avant le début du spectacle, il décide d’inviter les 5 autres danseurs amateurs** dans sa loge. Ensemble, ils réalisent une vidéo déjantée  sur un son reggae de Patrice (Soulstorm).

 

Après ce délire, place à la concentration. Il est 19h50. Alors que le public patiente gentiment derrière les portes de la grande salle de la KuFa, la troupe se réunit une dernière fois sur scène.

 

On les aperçoit furtivement. Ils sont en cercle, bras dessus, bras dessous, en train d’écouter les ultimes recommandations de Karim Bouziouane, le metteur en scène de Terre de Fer.

 

20h15. Après un petit mot de bienvenue de Serge Basso de March - le directeur de la Kulturfabrik -, l’introduction est assurée par les jeunes de l’atelier théâtre de la MJC Bettembourg. Grâce à eux, on sait désormais dire « Je t’aime » dans toutes les langues. Au moins, la prochaine fois qu’on ira à l’étranger, on sera armé !

 

Industrialisation, immigration, aliénation  

 

Terre de Fer by Ben Jayone 8© Ben Jayone

 

20h24. Tchin-tchin ! Sur l’écran, deux amoureux trinquent dans les yeux. Le show de Terre de Fer peut commencer. Quatre mains apparaissent de derrière les wagons. La pièce remonte le temps, débute à la fin de l’Antiquité avec des paysans dansant en tunique dorée. Qu’on se le dise, à cet instant, on se croirait parmi les Egyptiens dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre.

 

On arrive ensuite au XIXe siècle et à la partie mine. Eclairé à la lampe, les hommes, en bleu de travail et casque...tte, travaillent sans relâche au fond des galeries pour extraire le minerai, remplir les wagons.

 

Fou amoureux de Democratia - la gracieuse et élégante fille des dieux -, Alberich doit, pour l’épouser, collecter un maximum de matière première et remettre ce trésor - « la fameuse minette » -  aux tout-puissants. Il devient le patron.

 

Dès lors, on passe à la sidérurgie et l’industrialisation du travail. Avec le taylorisme, le rythme s’accélère, les cadences augmentent.  A l’instar de Charlie Chaplin dans les Temps modernes, les gestes des  gueules jaunes (coups de pelle, de pic et de pioche) doivent tendre vers une meilleure productivité.

 

Une fois en couple, Alberich et Democratia vont partager le pouvoir. Pour faire tourner les mines et les usines lorraines, ils vont faire appel à l'immigration. Des travailleurs italiens, polonais, algériens ou bien encore marocains qui, pour la plupart, débarqueront avec un imper à la Columbo et une valise comme seul bagage. La musique vous prend aux tripes, les différentes chorégraphies (hip-hop, modern jazz, contemporain, tango, acrobatie) parlent de ces gens venus d’ici et d’ailleurs avec une infinie tendresse.

 

Une pause casse-croûte plus tard, on se retrouve plongé au cœur des métallos. A eux aussi, l’industrialisation a joué un bien mauvais tour. Désormais, la machine (capitaliste) dicte sa loi au sein des haut fourneaux. L’ouvrier du fer et de l’acier n’est plus qu’un outil, un pion sur l’échiquier. Comme dirait Karl Marx, le travailleur devient aliéné, déshumanisé, exploité. Simple maillon de la chaîne, il est réduit à répéter inlassablement, mécaniquement les mêmes gestes tel un automate.

 

Se réinventer ou mourir


Terre de Fer by Ben Jayone 9© Ben Jayone

Oscillant entre colère et révolte, le peuple gronde. Alors qu’il est censé les représenter, Jétan, un syndicaliste, va les trahir pour pouvoir s’approcher des patrons. Il tue Alberich et kidnappe Democratia. A cet instant, l’écran annonce ironiquement la « fin ! » d’un monde.

 

On bascule ensuite à l’époque 2.0*** : le numérique. Autrement dit, le monde des nouvelles technologies. Un monde où l’on assiste à la multiplication des machines intelligentes****. Un monde interactif et immédiat où se développe une économie immatérielle et virtuelle non localisée. Et donc difficile à contrôler. Ce diable de Jétan manipule les flux financiers. Il n’y a plus de matière et le monde est devenu une boîte de nuit.

 

Sur le dancefloor, des robots en combi de plongée importées de Chine, tout droit sortis du clip « Around the World » de Daft Punk, s’agitent de manière surréaliste. Le tout, sur un son de DJ Hannibal Flynt, papy chauve, tatoué, aux verres teintés.

 

En 2050, qu’adviendra-t-il réellement de l’humain ? Sera-t-il possédé par la machine ou, au contraire, réussira-t-il à s'en affranchir et s’inventer un avenir ? Entre veillée funèbre et lueur d’espoir, les flammes des bougies du final laissent en tout cas planer le doute.

 

Ismaël Bouchafra-Hennequin

 

* Pour que le jeu de rôles soit réaliste, les danseurs se sont mis en immersion. Ils ont visionné des documentaires, visité le musée des mines de fer de Neufchef et ont répété au haut-fourneau U4 à Uckange.

 ** Isabelle Bouger (Democratia), Karim Ezzahiri (Alberich), M’Barka Lahlah (Déesse du feu), Catherine Naudin (la femme de Dieu) et Hakim Ouhibi (Jétan) et Sadat Sekkoum (Dieu).

*** Celle du Web 2.0, des personnes et des échanges (Blogs, réseaux sociaux, partage de photos ou de vidéos, mashups).

**** Les ordinateurs, les smartphones, les tablettes et autres objets high-tech.

 

Terre de Fer Cie Mixité affiche
Prochaine représentation : vendredi 29 novembre à l'Amphy de Yutz, 20h (Places en prévente au Cultura Terville). Et puis, à partir de 2014, Terre de Fer et la compagnie Mixité partiront en tournée.


Pour en savoir plus :
- Reportage dans le 12/13 de France 3 Lorraine du 23/11/13 (vidéo, à partir de 15:35)
- Reportage de Mylorraine.fr, « Sadat Sekkoum danse sur la Terre de Fer » (vidéo)
- Site internet de l'association Mixité

 

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 23:50

Fabien Bachir Camus passeport tunisien

 

Naturalisé tunisien in extremis jeudi*, Fabien Camus (28 ans, milieu offensif français du KRC Genk) est entré en jeu après la pause face au Cameroun dimanche à Yaoundé, en barrage retour du Mondial 2014. Malheureusement, il n’a pu éviter la défaite des Aigles de Carthage (4-1) qui ne participeront pas, pour la deuxième fois consécutive, à la Coupe du monde.


« Après un long suspense et à la fin de la journée du jeudi 14 novembre les deux joueurs, Stéphane Houcine Nater et Fabien Camus, ont finalement obtenu la nationalité tunisienne. Le Premier ministre Ali Larayedh a signé les documents qui permettent à Nater et Camus de bénéficier de la nationalité tunisienne et malgré l'heure tardive, la FTF (Fédération tunisienne de football) a déclenché l'opération pour préparer les cartes d'identité nationales et les passeports des deux joueurs », a indiqué la FTF dans un communiqué.


* Idem pour Stéphane Houcine Nater (milieu défensif français du FC Saint-Gall, 29 ans) qui est resté sur le banc des remplaçants durant cette rencontre.

** A  noter que Fabien Bachir Camus avait déjà disputé un match amical avec la Tunisie (face aux Pays-Bas, 1-1, le 11 février 2009).


Pour en savoir plus :
- Cameroun-Tunisie : Les Aigles de Carthage au complet (article)
- Fabien Camus :
« La Tunisie est avantagée » (interview) 

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 14:14

 

 

Après plus d’un an de procédure*, le biathlète allemand (30 ans) vient enfin d’obtenir la nationalité belge. Barré dans son pays, le champion olympique de relais en 2006 espère relancer sa carrière sous les couleurs noire-jaune-rouge. Son objectif prioritaire ? Vite retrouver la Coupe du monde de biathlon. Michael Rösch est appelé à devenir la vraie locomotive du relais belge qui ambitionne de se qualifier pour les JO 2018.

 

« Ces dernières années n’ont pas été faciles pour moi. Du coup, j’ai pris une décision importante : changer de nationalité sportive. J’ai parlé avec différentes fédérations mais j’ai senti que la Belgique était le meilleur choix, une alternative rationnelle pour continuer à participer à la Coupe du monde de biathlon et aux Mondiaux », avait expliqué Michael Rösch en septembre 2012.

 

En proie à de nombreux soucis physiques, Michael Rösch avait progressivement perdu sa place en équipe d’Allemagne.  

 

Après plus d'un an d’attente, la Fédération belge de biathlon** présidée par Manfred Langer lui offre l’occasion de revenir sur le circuit mondial. A condition d’y gagner sa place !

 

Fin novembre, Michael Rösch, carabine sur le dos, devrait en effet poser ses skis sur les premières épreuves IBU Cup pour décrocher une wild card.

 

* Il lui reste encore deux formalités à remplir avant de pouvoir représenter la Belgique en compétition. Il faut que le roi Philippe appose sa signature sur le décret et que l’acte de naturalisation soit publié au Moniteur belge.
** Belgium Biathlon.

 

Pour en savoir plus :
- Michael Rösch finalmente può gareggiare per il Belgio! Quando esordirà? (article en italien)

- Site officiel de Michael Rösch (en allemand)

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 21:45

Neal Maupay tweet Officiellement Argentin 15 nov 2013

 

Révélation azuréenne de la saison dernière, le jeune attaquant international français de l’OGC Nice (U 16 et U17) a annoncé vendredi sur Twitter qu’il venait d’obtenir la nationalité argentine, celle de sa maman.

 

Du sang argentin coule dans ses veines et sur le terrain, ça se voit ! Petit par la taille, Neal Maupay est doté d’une incroyable grinta. Une grinta sûrement héritée de sa mère infirmière, née au pays de l’Albiceleste.

 

Victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit en avril dernier, l’attaquant âgé de 17 ans fait progressivement son retour. Il recourt, a participé à quelques séances de frappes.

 

« Il ne reprendra avec le groupe pas avant décembre voire janvier », a prévenu son entraîneur Claude Puel sur le site de l'OGC Nice, qui ne veut prendre aucun risque.

 

Fan de Boca Juniors, Maupay a profité de sa blessure pour mater des matches, visionner quelques vidéos de ses joueurs préférés (Lisandro, Carlos Tevez et Sergio Agüero).

 

Et pour faire les démarches afin d’obtenir la double nationalité. Histoire qu’une trace administrative vienne matérialiser son attachement au pays d'origine de sa maman.

 

* Né d’un père français et d’une mère argentine à Versailles, Neal Maupay (17 ans) est actuellement le deuxième plus jeune buteur de l’histoire de la Ligue 1 (le 15 décembre 2012 contre Evian, à 16 ans 4 mois et 1 jour).

 

Pour en savoir plus :
- Neal Maupay officiellement franco-argentin (article)

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 21:25

Qatar-Football-Association.jpg

 

Fraîchement nommé à la tête de la sélection A’ du Qatar, Djamel Belmadi a dévoilé lundi une liste de 25 joueurs retenus pour le prochain regroupement qui aura lieu à l’Aspire Academy de Doha. Deux footballeurs algériens naturalisés qataris (Boualem Khoukhi et Karim Boudiaf) figurent parmi les convoqués.

 

Déjà sur les tablettes de Bernard Simondi, l’entraîneur français de la sélection olympique du Qatar en 2011 - soit tout juste un an après leur arrivée dans le championnat local - Boualem Khoukhi (23 ans, milieu algérien d'Al-Arabi, ex-JSM Chéraga) et Karim Boudiaf (23 ans, défenseur ou milieu défensif franco-algérien de Lekhwiya, ex-Lorient) ont fini par succomber aux sirènes du petit émirat du Golfe.

 

Passeport qatari désormais en poche, ces deux espoirs algériens participent actuellement à des stages avec la sélection A’ du Qatar… en attendant d’être en mesures de jouer avec les A..nnabi !*

 

Et avec, dans un petit coin de leur tête, le secret espoir de participer à la Coupe du monde 2022 !

 

* Les Annabi (Les Marrons) : surnom de l’équipe nationale du Qatar. Pour qu’un joueur naturalisé soit qualifié, la FIFA exige que ce dernier ait vécu au moins cinq années consécutives après ses 18 ans dans son nouveau pays.

 

Pour en savoir plus :
- La réaction de Djamel Belmadi (brève)
- La liste des 25 joueurs retenus en équipe B du Qatar (article)

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Published by Ismaël Bouchafra-Hennequin
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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 18:45

 

 

Diego Costa explique les raisons de son choix.

 

C’est officiel depuis mercredi ! Dans une vidéo publiée sur le site internet des Colchoneros, l’attaquant brésilien de l’Atletico Madrid (25 ans), naturalisé espagnol en juillet dernier, a confirmé son intention de jouer pour la Roja.

 

La veille, dans un communiqué, la RFEF a fait savoir que l'actuel meilleur buteur de Liga (13 buts) « avait envoyé une lettre à Julio Cesar Avelleda, secrétaire général de la Confédération brésilienne de football, pour l'avertir qu'il se mettait dès à présent à la disposition du sélectionneur ibère Vicente del Bosque) ».

 

Par conséquent, Diego Costa « pourra jouer avec l'Espagne lors des prochains matches du mois de novembre, s'il est évidemment convoqué », conclut ce même document.

 

Le Brésil veut lui retirer sa nationalité

 

S'estimant trahie par le joueur - qui a encore récemment disputé deux matches amicaux avec la Seleção - la CBF a, selon Marca, sollicité le ministère de la Justice de son pays afin de lui retirer la nationalité brésilienne.

 

NB : Appelé par Vicente Del Bosque pour deux matches amicaux de la Roja (contre la Guinée équatoriale le 16 novembre à Malabo, puis l'Afrique du Sud à Johannesburg le 19 novembre), Diego Costa a été finalement contraint de déclarer forfait (déchirure à la cuisse droite).

 

Pour en savoir plus :

- Diego Costa opte pour l'Espagne plutôt que pour le Brésil (article)   

- Diego Costa explains why he's chosen to represent Spain over Brazil (vidéo)

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Published by Ismaël Bouchafra-Hennequin
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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 19:43

 

K-mel Efreet and Noure Vilela, winners Herc's Legacy Battle

K-mel et Nouré (Project X crew, Luxembourg)


Le 26 octobre dernier, le M Club Luxembourg a accueilli le Herc's Legacy Dance Battle 2013. Un petit évènement sympa afin de célébrer les 40 ans d’existence de la culture hip-hop.

 

Après avoir garé notre voiture sur le P+R Bouillon, on remonte à pied la rue adjacente, puis on aperçoit un garage rempli de berlines de luxe allemandes.

 

Sauf qu’en cette fin d’aprem, à Hollerich, ça ne se passe pas à l’arrière d’une Merco Benz Benz Benz ou d’une Smart… mais au M Club Luxembourg, discothèque située à deux pas de là, juste derrière un restaurant italien, le Sobogusto.

 

Après s’être engouffré dans une ruelle, on se retrouve devant les portes de l’établissement. Il est 16h10, celles-ci sont encore fermées. On patiente gentiment aux côtés des danseurs et du public. Le tout, sous un léger crachin d’automne. « J’aurais mieux fait de rester dans mon lit », peste Ismaël (Footzbeul, Reims), encore à moitié endormi.

 

Heureusement, y’a un moyen efficace pour se réveiller, retrouver la pêche : le chambrage, la déconne et les délires entre potes. « C’est la ceuta, la ceutaaaaa ! », répète-t-il à l’envi à ses compères Baghdad et Hugo, pliés de rire.

 

Et puis, en saluant Mehdi (M.A.M, Metz), house danceur temporairement en béquilles (entorse de la cheville), ils ne peuvent s’empêcher de claquer le fameux « finger speed »* !

 

L'esprit du cercle

 

Juste avant d’entrer dans la boîte de nuit, une jolie métisse est intriguée par un panneau publicitaire qui propose des « M dogs ». « Ouah, c’est quoi ce truc ? », demande-t-elle.  - « Ben, seulement des sandwichs ! Tu croyais quand même pas que j’allais t’emmener à une soirée pour chiens, hein? », répond, amusé, Selef (NTM, Nancy-Thionville-Metz), le bras droit en écharpe.

 

Un tampon sur la main et quelques marches plus tard, nous voici enfin dans le M Club. Un open space de 1000m2 où les lumières couleurs fuchisa et bleu créent d’emblée une ambiance chaleureuse et intime.

 

Au milieu de la piste, sous une boule disco lumineuse, un cercle s’est déjà formé. A l’intérieur, les b-boys se produisent à tour de rôle. Avant tout pour s’exprimer, partager, kiffer de manière libre et spontanée sur de bons vieux breakbeats**.

 

Style l'énergique « Give it up or turn it a loose » de James Brown, capable de mettre en transe n’importe quel danseur.

 

Sex Toy et Vitamin F.

 

17h48. Looping, pas le mec de l’Agence tous risques hein… mais le speaker de l’événement***, après avoir indiqué la provenance des 32 participants (Allemagne, Belgique, France et Luxembourg), donne le coup d’envoi du Herc's Legacy Dance Battle 2013.

 

On attaque direct avec les 8es et les 1/4 de finale new style (1 vs 1). DJ Loskar envoie du rap US. Just some real nigga shit ! Sur le dancefloor, à l’image du sex Toy (Street Harmony, Nancy), ça mouve, ça groove au feeling. Pas mal de battles sont serrés et se terminent par une égalité.

 

Du coup, le jury demande un passage supplémentaire pour départager les danseurs. Les compteurs sont remis à zéro. L’un et l’autre se voient offrir une nouvelle chance de faire pencher la balance du bon côté. Quant au DJ, il reçoit l’ordre de laisser couler le son. A l’issue d’une nouvelle délibération, Bryce (Silent School, Reims) pousse un grand ouf de soulagement. Il est toujours en vie dans ce concours. Sa fluidité lui a en effet permis de s’imposer de justesse face à son ami Slowy.

 

 

18h41. Après un big up aux arts de rue, let’s go to the breakdance battle (2 vs 2) ! Parmi les crews engagés, un duo de b-girls allemandes. Bien qu’éliminées d’entrée par Project X (Luxembourg),  les sœurs jumelles dopées à la Vitamin F. ont apporté une touche de féminité, une griffe différente. See you next time mes petites blondes !

 

En demi-finale, suite à la victoire plutôt aisée de Project X face à Battle Style, le collectif Footzbeul hausse le ton. Le défi contre Battle Toys est super engagé. Il se déroule sous haute tension. « Waouh, c’était la guerre ! Qu’est-ce que ça va bien pouvoir être en finale ? », s’exclame un spectateur, surpris par l’intensité des débats.

 

K-mel et Nouré « en mode déter »

 

19h40. Après une pause passée à regarder la petite Mélody (3 ans) - la fille de Fizé MC (JMP) - en train de danser avec tonton Piloco, place aux finales.

 

Tout d’abord, celle de new style entre Bryce et Neymo (Flagrant d'Élite, Nancy). So, get up, stand up, just dance !  Sur le « Dibydiby sound » d'Apollo-G'eeze, les deux freestyleurs bougent à l’instinct, improvisent, mélangent les styles. Avant la décision, on se remémore les paroles d’Hamza, l’un des juges : « Au-delà des critères traditionnels (technique, musicalité, variété, originalité), j’attends que le danseur, à travers ses mouvements, me raconte une histoire ». Verdict ? Ce samedi soir, c’est Bryce qui est déclaré vainqueur. Car c’est lui, qui avec son body, a conté la meilleure story.

 

 

D’un coup de poing fracassant, b-boy Nouré (Project X) lance la finale de break. Le regard noir, tel un boxeur, il fixe dans les yeux ses adversaires. A domicile, K-mel et lui sont « déter »**** à battre Footzbeul, crew français qui jouit d’une belle renommée. Mais Baghdad et Ismaël ne l’entendent pas de cette oreille. Après sa tentative d'intimidation, Nouré esquisse quelques pas de préparation (top rock). La grande explication, au sol, peut ensuite commencer.

 

Footwork, power moves et freezes en tous genres s’enchaînent sur un son ‘‘Super bad’’. 20h18. Juste avant la décision, Looping se charge du décompte : « Judges, on the one, on the two, on the three…» Explosion de joie dans le clan Project X car K-mel et Nouré remportent cette finale à l’unanimité. Preuve en est que ces deux petits Marocains du Luxembourg ont du talent à revendre !

 

Ismaël Bouchafra-Hennequin

 

* Le « finger speed » est une façon déjantée de pointer ses deux index vers le ciel sur un beat de house music.

** Kool Herc, de son vrai nom Clive Campbell, DJ jamaïcain émigré à New York est considéré comme l’inventeur en 1973 du principe de base du breakbeat (Merry-go-round). Après s’être aperçu que les gens se déchaînaient sur la piste lors des parties rythmiques instrumentales des morceaux - notamment les solos de batterie -, il eut alors l’idée de ne balancer que le passage ‘‘pure son’’ en boucle à partir de deux platines équipées du même disque. Pour le plus grand plaisir des danseurs qui devinrent plus tard des « breakers-boys » !

*** Looping est le fondateur de l’association Kool Herc 73, organisatrice du battle du jour.

**** Dans le langage djeuns, « être déter » signifie être déterminé à faire quelque chose, être prêt à tout pour atteindre son objectif.


Herc's Legacy Dance Battle 2013, les résultats

 

Herc's Legacy Dance battle Luxembourg 2013

 

Vainqueurs
- Breakdance, 2 vs 2, 400€ : Project X crew (K-mel et Nouré), Luxembourg bat Footzbeul crew (Ismaël et Baghdad), Reims.
- New style, 1 vs 1, 200€ : Bryce (Silent School, Reims) bat Neymo (Street Harmony, Nancy).

 

Gros big up aux juges...

 


- Breakdance : Elanspin (Project X crew, Luxembourg), Rookie Roc (Dynamics/ Hoochen, Bruxelles) et Benji Chaouat (Division Alpha Kingz, Paris).
 
 

- New style : MistyK1mp (Silent School/ Ultimate Fusion, Reims), Hamza Zoum (Flagrant d’Elite, Nancy) et Aamar (Boogiedownboxx crew, Luxembourg).

 

... Ainsi qu'à tous les participants !

 

- Breakdance : Project X crew (LUX), Footzbeul crew (FR), Battle Style (GER), Battle Toys (GER), WBB (FR), Rookies (BE), Vitamin. F (GER), Final Movement (LUX) .

 

- New style : Bryce (Silent School, FR), Neymo (Flagrant d’Élite/ Street Harmony, FR), Marvin (Ultimate Fusion, FR), Hugo (Footzbeul crew, FR), Jonjo (Street Harmony, FR), Badr (Underrty, FR), Toy (Flagrant d’Élite/ Street Harmony, FR), Adam (BeYou, LUX), Toman, Roade (Boogiedownboxx crew, LUX), Williams (FR), Vlad (FR), Slowy (Ultimate Fusion/ Silent School, FR), Bash (Street Harmony, FR), Steeve, Salah Sachaaeyes (MAR/FR).  

 

Pour en savoir plus :

- Bryce vs Neymo (finale new style, vidéo)
- Neymo vs Hugo (1/2 finale newstyle, vidéo)
- Bryce vs Toy (1/4 de finale new style, vidéo)

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