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Vera Bertemes-Hoffmann : «Quand on est athlète, on se doit d'être organisé»

De g. à d. : Bob Bertemes, Vera Bertemes-Hoffmann et Charel Grethen. (Photo : CMCM Luxembourg Indoor Meeting)

De g. à d. : Bob Bertemes, Vera Bertemes-Hoffmann et Charel Grethen. (Photo : CMCM Luxembourg Indoor Meeting)

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Mental, gestion du stress, échec, pression, équilibre personnel... Le vendredi 16 janvier, soit deux jours avant le CMCM Luxembourg Indoor Meeting 2026, nous nous sommes rendus à la Coque pour assister à la conférence Athletes@Work. Le thème du jour ? «Performance & mindset» !

10h40. Après s'être garé sur le parking de la Coque, on entre dans le complexe sportif. Alors que Vera Bertemes-Hoffmann se commande un petit café, Dominique Abisse discute avec le tout frais retraité Charel Grethen (33 ans).

En entrant dans l'amphithéâtre, nous sommes accueillis chaleureusement par Margot Laporte, la chargée de com' de la Fédération luxembourgeoise d'athlétisme (FLA) qui est accompagnée de trois volontaires de la Lunex dont le souriant triathlète Bob Haller.

11h15. Après avoir entendu quelques minutes les retardaires, la conf' peut enfin débuter. Dans l'assistance, on retrouve quelques visages bien connus comme notamment celui de Luc Scheller (Celtic Diekirch), meilleur Luxembourgeois de l'ING Night Marathon ces trois dernières années (2023, 2024, 2025).

Sur scène, pour explorer le thème «Performance & mindset», en plus de Margot Laporte, quatre intervenants :

 - Le Dr Alioune B. Touré, psychologue de la santé (ancien entraîneur national de tennis à la FLT qui a participé comme coach à deux olympiades : les JO d'Atlanta en 1996 et les JO de Sydney en 2000).

- Trois athlètes grand-ducaux également olympiens : le lanceur de poids Bob Bertemes (JO de Tokyo en 2021 et Paris 2024) et les demi-fondeurs Charel Grethen (JO de Tokyo en 2021 et Paris 2024) et Vera Hoffmann-Bertemes (JO de Paris 2024). Les deux premiers sont fraîchement retraités et employés par l'État (respectivement l'armée et le ministère du Travail), Vera, elle, toujours en activité. Fin janvier, elle vient d'améliorer son record national sur 10 km à Nice (33'37"), mais, trop juste, a décidé de faire l'impasse cette année sur le CMCM Indoor Meeting. Enfin, sur la piste !

La règle des dix ans ou 10 000 heures

À la base de tout, que ce soit de la performance sportive ou de la performance en entreprise, il y a un mot... le travail. Comme l'a expliqué John Salmela (NDLR : psychologue canadien), assure le Dr Alioune B. Touré,  «un athlète talentueux doit s'entraîner pendant 10 ans, ou 10 000 heures, pour atteindre l'excellence sportive... ou l'expertise».

La spécialisation sportive, quand ?

«L'entrée dans "la drogue" si je puis dire, peut prendre différentes formes : le kick peut avoir lieu soit très tôt, soit plus tard, comme l'a défini le Pr Jean Côté

Jeune, Vera Hoffmann-Bertemes faisait ainsi partie d'une chorale et jouait de la clarinette. «À un moment, se rappelle-t-elle, quand l'athlé est devenu plus sérieux pour moi, quand j'ai augmenté mon volume d'entraînement, j'ai dû faire un choix.». Sa «spécialisation» s'est faite à l'adolescence.

Vera Bertemes-Hoffmann : «Quand on est athlète, on se doit d'être organisé»

Quelles motivations ?

Le Dr Alioune B. Touré définit ensuite les différentes sources de motivation (intrinsèque ou extrinsèque) pour un athlète : 

- La réussite par rapport à la médaille;

- L'aspect social;

- La recherche de sensations;

- S'améliorer;

- La compétition;

- L'aspect financier. 

«La différence entre l'amour et la passion, c'est que la passion dure plus longtemps», sourit le Dr Alioune B. Touré.

Rêves de JO 

Au départ, quand on est un jeune athlète, les JO ne sont qu'un doux rêve. Au Luxembourg, la compétitivité est limitée. Il faut donc rapidement se rendre en compétition ailleurs, à l'étranger (en Allemagne, en France, en Belgique...), pour se confronter à plus fort et espérer progresser.

Il n'y a pas un chemin unique, tout tracé, pour y arriver. Mais des chemins, des parcours de vie singuliers.

Charel Grethen (CSL) a fait le choix de l'université aux États-Unis (du Texas, puis de Géorgie). Avec des moyens financiers incroyables, des infrastructures et des centres d'entraînement de haut niveau, un staff à dispo. Mais, revers de la médaille, son système de bourse alloué année après année... donc la nécessité de toujours rester performant.

Bob Bertemes (CA Belvaux) s'est lui installé à Mannheim (Allemagne) pour être coaché par Khalid Alqawati. 

D'autres ont choisi de rester au pays, à l'image de Patrizia Van der Weken (CAPA Ettelbruck) ou Vera Hoffmann-Bertemes (Celtic Diekirch/Team SauerBeen). Mais il n'y a pas que les options Sportlycée ou Institut national des sports (INS) au Grand-Duché. Vera est, par exemple, restée «par choix» dans son cocon à Diekirch. Et bien lui en a pris, puisque ça lui a souri !

Le rôle primordial du coach dans ce processus de construction est également souligné. On peut, par exemple,  passer d'un entraîneur de club à un entraîneur plus expert lors de sa progression. Dans tous les cas, c'est avant tout l'échange qui prime. Cette relation que peut avoir le binôme comprend d'ailleurs un «commitment» implicite.  

«Le projet d'aller aux JO, aux premiers abords, c'est plutôt simple, lance Bob Bertemes. Il faut savoir où je suis, où je veux aller et définir les étapes pour y arriver.» «En fait, l'appétit vient en mangeant..., complète Vera Bertemes-Hoffmann. Petit à petit, on se prend au jeu. On se fixe des buts clairs, des objectifs à atteindre à court et moyen terme (ex. : performer dans des meetings internationaux, sélections pour les Jeux des petits États, Europe, Monde), et tout doucement, le rêve prend forme. On se dit que c'est possible.»

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Vera Bertemes-Hoffmann : «Quand on est athlète, on se doit d'être organisé»

Quelles compétences clés développées par le sportif peuvent-être transposées dans le milieu de l'entreprise ?

Bob Bertemes, Charel Grethen et Vera Hoffmann mentionnent tous trois cette compétence : l'organisation. «Quand on est athlète, on se doit d'être structuré, organisé, autonome. Sinon, ça ne peut pas marcher», assure Vera. La nécessité d'avoir une double identité (être un sportif mais aussi être un homme ou un femme) est également importante pour se sentir bien dans sa tête et dans son corps. «D'autant qu'un sportif meurt deux fois ! (NDLR : à la fin de sa carrière et à la fin de sa vie)», rigole «Bobby».

«Je ne voudrais trahir aucun secret, poursuit Margot Laporte, mais Patrizia Van der Weken, qui est l'une de nos têtes d'affiche de cet CMCM Indoor Meeting, a été l'une des élèves de la Lunex les plus impliquées dans l'organisation. Je donnais parfois du travail – que j'attendais pour, par exemple, dans trois jours – et 1 heure après, sur le groupe WhatsApp, c'était réglé, elle avait déjà tout fait, c'était phénoménal. J'ai dû dire à Arnaud (NDLR : Starck, son coach) qu'il fallait qu'elle se calme un peu (rires). Mais des fiches World Athletics, je peux vous dire que "Pat" en a passé en revue.»  

La capacité à changer et à s'adapter à tous les scénarios fait aussi partie de leur palette (avoir un plan A, un plan B, un plan C...). Sans oublier la résilience et la gestion du stress. «Je dis souvent : "Pressure is a privilege", glisse Vera Hoffmann-Bertemes. Car si on l'a sur les épaules, c'est qu'on est performant et censé être là pour réaliser de grandes choses...»

Ismaël Bouchafra-Hennequin

Vera Bertemes-Hoffmann : «Quand on est athlète, on se doit d'être organisé»

Pour en savoir plus : 

- Le site internet du CMCM Luxembourg Meeting

- La page Facebook du CMCM Luxembourg Meeting 

- La page LinkedIn du CMCM Luxembourg Meeting

- La page Instagram du CMCM Luxembourg Meeting

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